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Par Alain, le 24.09.2020

La situation en Méditerranée orientale inquiète les français

La situation en Méditerranée orientale inquiète les français
Les gisements de gaz en Méditerranée orientale attisent les tensions. La France a temporairement renforcé sa présence militaire dans la région.

La tension monte entre la Grèce et la Turquie, sur fond d’intérêts économiques liés aux gisements gaziers. Alors que la relation entre les deux pays se détériore rapidement, Emmanuel Macron a annoncé que la France renforcerait « temporairement » sa présence en Méditerranée orientale. Comment cette décision va-t-elle s’appliquer sur le terrain ? Quelles sont les autres opérations militaires en cours ?

Turquie et Grèce : des tensions liées aux recherches énergétiques

Le premier gisement gazier de Méditerranée orientale avait été découvert au large de Gaza en 1999 et salué par Yasser Arafat. Il a depuis été suivi d’autres découvertes au fil des années, au large de l’Égypte, de la Grèce, d’Israël, de Chypre, de la Libye et d’Israël.

Ce sous-sol, qui pourrait contenir jusqu’à 3500 milliards de mètres cubes de gaz, attise la convoitise de nombreux pays, notamment celle de la Turquie, dont le président Recep Tayyip Erdogan entend bien obtenir sa part du gâteau.

Après avoir lancé des recherches au large de Chypre qui ont suscité la colère des pays de la région, Recep Tayyip Erdogan les avait interrompus pendant un temps, avant de les reprendre le 7 août en réaction à la signature d’un accord maritime entre la Grèce et l’Égypte.

Le 10 août, la tension est montée d’un cran entre la Grèce et la Turquie, après le déploiement d’un navire d’exploration pétrolière, l’Oruç Reis, par Ankara dans des eaux disputées entre les deux pays. La Turquie a poursuivi les recherches jusqu’au 23 août entre les îles de Crète et de Chypre, au large de la province turque d’Antalya. Problème : en raison de la présence de l’île grecque de Kastellorizo dans cette zone, la Grèce estime que l’Oruç Reis navigue dans son territoire maritime.

Bien décidée à défendre sa position, la Grèce a demandé à l’Union européenne d’organiser un sommet d’urgence, estimant que les agissements de la Turquie menaçaient la paix en Méditerranée orientale. En réaction à cette situation et en soutien à la Grèce, Emmanuel Macron a décidé de renforcer temporairement la présence militaire de la France dans cette région.

Deux Rafales ont ainsi été envoyés le 13 août à La Sude, en Crète. Par ailleurs, le porte-hélicoptères Tonnerre, destiné à porter assistance au Liban, a été rejoint par la frégate La Fayette. Elle avait appareillé de Larnaca, une commune chypriote, et avait réalisé un exercice avec la marine grecque.

« Cette présence militaire a pour but de renforcer lappréciation autonome de la situation et daffirmer lattachement de la France à la libre circulation, à la sécurité de la navigation maritime en Méditerranée et au respect du droit international », a déclaré le 13 août le ministère des Armées dans un communiqué de presse.

Lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, Emmanuel Macron avait exprimé « sa préoccupation au sujet des tensions provoquées par les décisions unilatérales de la Turquie en matière dexploration pétrolière, qui doivent cesser pour permettre un dialogue apaisé entre pays voisins et alliés au sein de lOtan. »

Les autres opérations militaires françaises en cours

En parallèle, la France participe à d’autres opérations militaires, comme l’opération Barkhane, l’opération Chammal, les missions de l’OTAN en Europe du Nord, la mission européenne AGENOR dans le Golfe Persique ou encore l’aide militaire apportée au Liban.

L’opération Barkane, lancée le 1er août 2014, mobilise 5100 militaires de l’armée française au Sahel et dans le Sahara, et a pour objectif de lutter contre les groupes armés djihadistes présents dans la région. L’opération est menée en partenariat avec le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et la Mauritanie. Le commandement de la force Barkhane est assuré depuis le 31 juillet 2020 par le général de division Marc Conruyt sur la base de N’Djamena, au Tchad.

Actuellement engagée dans le Gourma malien, une zone située dans le nord du Sahel, l’opération Barkhane s’avère encore plus complexe à mener depuis le coup d’État qui a poussé à la démission le président malien Ibrahim Boubacar Keïta. Toutefois, l’opération, selon les experts, n’est pas menacée à court terme. Par ailleurs, les soldats putschistes ont pris contact avec les autorités françaises et ont assuré leur intention de respecter tous les accords internationaux.

L’opération Chammal, menée depuis 2014 en Irak et en Syrie, mobilise quant à elle un millier de militaires, engagés aux côtés des forces locales dans la lutte contre l’organisation terroriste Daech, qui tente toujours de reconstruire son réseau dans la région. Au mois de mars 2020, 200 soldats français, qui participaient à des missions de formation en Irak, avaient été rapatriés en raison de la pandémie de Covid-19.

En Europe du Nord, de nombreux militaires français sont présents en Lituanie pour la mission Lynx 7, dans le cadre de la présence avancée renforcée, ou « enhanced Forward Presence » (eFP) de l’OTAN en Pologne et dans les États Baltes. Plusieurs exercices interalliés se déroulent chaque année dans la région.

Dans le Golfe Persique, la mission européenne AGENOR se poursuit. Elle a pour but d’apaiser les tensions dans une région aux nombreux intérêts stratégiques et économiques.

Enfin, suite aux explosions qui ont frappé Beyrouth et plongé le pays dans l’instabilité, les militaires français engagés dans la Force intérimaire des Nations unies pour le Liban (Finul) ont été les premiers à apporter leur soutien.

Deux avions de l’armée de l’air française ont ensuite assuré des livraisons express de moyens d’assistance et de personnel, et un troisième avion militaire a amené des renforts de la Croix Rouge internationale, du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ainsi que du personnel du ministère de l’Intérieur. Le porte-hélicoptères Tonnerre a quant à lui transporté des denrées alimentaires à destination des Libanais, ainsi que 750 militaires et des véhicules pour aider aux travaux de déblaiement.

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